Innovation

Pourquoi le low-code va bouleverser la manière d’innover ?

30.9.2019

Le temps est le pire ennemi de l’innovateur…

Les cycles d’innovation s’accélèrent, les besoins des utilisateurs évoluent rapidement et des start-ups sont capables de disrupter des marchés entiers en quelques années.

Selon un rapport réalisé par McKinsey & Company, les banques traditionnelles pourraient perdre 60 % de leurs bénéfices liés aux crédits à la consommation au profit de start-ups de la  FinTech d’ici 2025.

Comment garder une longueur d’avance et proposer une expérience client toujours à la hauteur des espérances mouvantes des consommateurs ?

Les start-ups l’ont bien compris. La vitesse à laquelle une entreprise est capable de développer, raffiner et mettre à disposition un nouveau service à ses clients est clé pour conquérir (ou préserver) un marché.

Cette agilité va désormais prendre une nouvelle ampleur avec l’essor des nouvelles technologies de développement low-code.

Pourquoi réinventer la roue quand il s’agit de la faire avancer ?

Depuis les premiers langages de programmation comme le COBOL en 1959 ou le PASCAL en 1970, les développements informatiques applicatifs n’ont cessé de gagner en souplesse permettant d’optimiser la productivité des développeurs en offrant des outils de haut niveau plus simple à utiliser.

Malgré ces évolutions, tous ces langages supposent une certaine connaissance de concepts clés et d’une syntaxe propre qui ne rendent pas la programmation universelle.

Tout projet de développement applicatif Web ou mobile nécessite la mobilisation de compétences diverses qui garantissent une expérience utilisateur optimale au niveau de la partie visible de l’application (front-end) tout en assurant sa stabilité dans sa partie invisible (back-end). Ainsi, un projet classique fait généralement intervenir 2 profils de développeurs, équipe parfois complétée par un designer applicatif. Pour des projets complexes, les besoins en ressources augmentent.

Dans le contexte d’innovation rapide, les approches de développement classiques présentent deux limites problématiques :

  • Les ressources : ces projets nécessitent la mobilisation d’une équipe de développeurs expérimentés. Hors, la pénurie de ces profils hautement recherchés rend la tâche complexe. De plus, les coûts de développement, rien que pour la phase de prototypage, peuvent rapidement grimper ;
  • Le temps : le délai important de développement retarde inévitablement le processus de validation du concept/idée ;

Hors dans de nombreux cas, les fonctionnalités d’un projet A s’appuient sur des briques technologiques (i.e de programmation) similaires à un projet B. Alors pourquoi réinventer la roue ?

Le low-code, c’est quoi ?

Nous y sommes arrivés. Juin 2019, l’entreprise Bubble lève 6M $. Août 2019, c’est au tour de WebFlow de boucler un tour de table de 72M $.

Le point commun de ces deux entreprises prometteuses ?

Elles ont mis au point des environnements de développement low-code qui permettent de concevoir et déployer des applications complexes avec peu (voire aucune) ligne de code en un temps record.

Qu’il s’agisse d’une simple application ou d’une solution complexe avec plusieurs milliers de données, le développement low-code rassemble la rapidité et la puissance nécessaires pour répondre à tous les besoins. Seule la créativité a ses limites.

Un exemple concret de la puissance de ces outils ? L’équipe Intrafounders a reproduit une version minimaliste et fonctionnelle du célèbre réseau social Facebook en seulement 10 heures.

Pour ce même projet, un développement from scratch (i.e un développement informatique réalisé en partant de zéro en code source) aurait nécessité 15x plus de temps et une équipe de développeurs complémentaire (designer, développeurs Front-end & Back-end) pour obtenir un résultat similaire.

Version inspirée du réseau social Facebook réalisée en seulement 10 heures grâce aux outils low-code.
Version inspirée du réseau social Facebook réalisée en seulement 10 heures grâce aux outils low-code.

Les fonctionnalités apportées par les plateformes low-code accélèrent grandement le développement car de nombreuses briques technologiques sont réutilisées. Bien entendu, du code source peut-être nécessaire dans l’optique d’ajouter certaines fonctionnalités spécifiques ou connecter le produit à des services tiers. Mais ces développements restent limités à l’échelle du projet.

Build, Test & Learn… vite

Fatalement, une excellente idée avec une mauvaise exécution vaudra moins qu'une mauvaise idée avec une parfaite exécution.

Cette affirmation laisse derrière elle de nombreuses initiatives tombées dans l'oubli avant même d'avoir pu se confronter au marché.

L'entrepreneur doit, au plus tôt, concentrer ses efforts sur la validation de ses hypothèses afin de trouver le modèle qui lui permettra de convertir des clients. Tout temps ne desservant pas cette cause est du temps perdu dans la course effrénée vers le succès.

Car la technique n’est qu’un outil pour répondre à un besoin. Raccourcir le temps de développement au stade du prototype afin de se concentrer sur l’atteinte du cœur du problème est une priorité pour tout entrepreneur souhaitant adresser un marché.  Dans ce contexte, tester le produit et apprendre des utilisateurs afin de modifier rapidement des fonctionnalités et itérer à nouveau est essentiel.

Car nous le savons, l’ultime preuve de marché demeure la concrétisation des premières ventes. Et il est rare de tomber juste du premier coup. L’expérimentation du projet et sa confrontation auprès de sa cible d’utilisateurs est clé dans le succès de la démarche de création.

Les outils low-code permettent non seulement d’accélérer les développements initiaux mais surtout gagner en agilité dans le raffinement du produit et de l’expérience utilisateur.

Une nouvelle approche de l’innovation agile

Pour une nouvelle activité fortement empreinte d’incertitude (produit et/ou marché), la formule suivante semble se vérifier :

Expérimentation + low-code > Planification + programmation from scratch

Finis les lourds cahiers des charges et les cycles de développement retardés de plusieurs mois. Par définition, un prototype est voué à évoluer. Concevoir et matérialiser une version finie d’un produit reposant sur des hypothèses de marché ou des convictions personnelles peut coûter cher et faire perdre un temps précieux.

De même, passer des mois à s’interroger sur la technologie idéale pour le développement du projet est un non sens. Quel intérêt d’avoir passé des semaines à réfléchir sur un framework Laravel ou Django si l’application en elle-même n’intéressera pas le moindre utilisateur au moment du lancement ?

Le développement low-code propose un nouveau paradigme à l’innovation expérimentale

L’agilité offerte par ces outils replace l’attention du créateur sur le besoin et l’utilisateur et non pas sur le technique qui doit accompagner la démarche et en aucun cas focaliser les préoccupations. Fondamentalement, les technologies low-code permettent au créateur d’itérer sur son produit comme jamais auparavant.

Alors, que nous réservent-t-elles pour la suite ?

Thomas Groc

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