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Le Minimum Viable Product, c'est quoi ?

27.9.2019

Il est plus facile de trouver des excuses et de se convaincre qu’il faut nécessairement des conditions idéales pour lancer sa première entreprise. Une certitude qui nous plonge automatiquement dans la procrastination en raison des dites “compétences” manquantes…

Cependant, nous oublions trop souvent que des projets, nous en avons lancé des centaines au cours de notre vie ! Compétence, incompétence, la question n’est pas là. Elle n’est pas là car les deux principales qualités de l’entrepreneur sont justement l’incompétence et l’ignorance ! Face aux vents et marées de l’entrepreneuriat, seul le courage de se lancer et de persévérer dans le creux des vagues permet de tendre vers la réussite : ni recettes, ni écoles n’apportent les clés du succès, seul l’acharnement et la volonté de mettre en oeuvre concrètement un projet feront la différence.

Comment savez-vous si vous aimez le piano, le surf ou la peinture si vous ne touchez ni clavier, ni planche, ni pinceau pour le savoir ? Vous ne trouverez pas la réponse en vous limitant à l’idéation de votre projet, la phrase “j’aimerais bien faire du piano” ne donnera jamais le même résultat que la phrase “je me suis mis au piano la semaine dernière”.

Vous devez FAIRE pour réellement entreprendre, pour vous tromper, pour pivoter, pour améliorer, pour progresser et avancer ! C’est la raison pour laquelle, aussi surprenant que cela puisse paraître, l’idée ne représente que 1% d’un projet… a contrario de l’exécution qui elle porte les 99% restants.

1% d’idée, 99% d’exécution…

Quelle stratégie à adopter avec ce postulat ?
Il vous faut commencer PETIT et construire votre projet autour du “bac à sable” dans lequel vous vous trouvez… Si “Amazon” est né de la vente d’un seul livre sur internet, ce n’est pas grâce aux data-centers qui constitueront son développement une dizaine d’années après ! Les pizzerias “Big Mamma” n’ont pas connu leur succès après l’achat des grands fonds de commerce actuels mais après avoir testé des échantillons de pizzas derrière de petits corners de rue, après avoir appris à faire des pizzas lors de longs mois de formation en Italie, dans l’ombre des grands restaurants avoisinants… Tout est résumé dans l’idée du TEST & LEARN !

Peu importe votre idée, vous devez trouver le moyen de la tester sur le terrain le plus rapidement possible afin de valider ou d’invalider les premières hypothèses attachées à sa proposition de valeur. Ce test rapide et opérationnel, cette version bêta du projet, c’est ce qu’on appelle le M.V.P : Le Minimum Viable Product. Ce produit minimum ne doit pas être parfait, mais doit fonctionner suffisamment pour générer les premières métriques de votre activité. Les “métriques”, ce sont les premières bouffées d’oxygène de votre start-up. Comme un bébé qui lutte pour trouver son rythme à la naissance, les métriques sont les informations qui vous reviennent du marché une fois votre MVP lancé.

“Le MVP est en ligne depuis 2h et on a déjà 15 demandes d’informations !”(…)

“Finalement, depuis que le MVP est en ligne, tous nos prospects viennent d’un marché que nous n’avions pas ciblé… on va se concentrer sur celui-ci pour le MVP 2.0…” (…).

L’idée principale est de tester, apprendre et améliorer. Sortir du fantasme que l’on se fait autour d’un projet et toucher la réalité d’un marché qui ne vous attend pas, qui ne vous écoute pas et qui dans 100% des cas se fiche totalement de votre existence. Le MVP vous rapproche du besoin du consommateur car il se nourrit de sa réalité, souvent à des années lumières de vos hypothèses et réduit ainsi la violence de l’échec par un retour rapide à LA réalité.

“Si vous échouez, échouez vite.” — Phil Knight, fondateur de Nike.

Et si le MVP se solde par un échec ?

TANT MIEUX ! Car vous apprendrez très rapidement que vos hypothèses de base sont fausses, le retour terrain face à votre MVP vous permet de pivoter rapidement pour tourner le prochain MVP vers d’autres hypothèses, enrichies de l’échec de votre première tentative.

Ainsi, le périmètre d’actions se rétréci, il est plus précis et permet donc un nouveau test plus chirurgical… Imaginez-vous, si vous aviez passé 6 mois de plus avec les mêmes hypothèses de départ, en dépensant 10 fois la somme d’un MVP pour se rendre compte du même résultat…

Dans MVP, il y a le mot “Minimum”, car vous engagez le minimum de temps et d’argent dans ce test de votre projet pour obtenir des résultats plus concluants qu’avec une énergie dépensée sur 6 mois à base de spéculation, Powerpoint et tableaux excels prévisionnels… et c’est ça qui est beau.

Dans MVP, il y a le mot “Minimum”, car vous engagez le minimum de temps et d’argent dans le test de votre projet.

Pierre Launay

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